lundi 19 juillet 2010, par Jean-Paul
Toutes les versions de cet article :
Quatre heures du matin, je me réveille en sursaut ; je tire les rideaux et je scrute le ciel : pas un nuage ! Bonne nouvelle ! On va pouvoir décoller pour Delhi et enchaîner les connexions vers Bali. En effet, les vols de la veille ont été annulés parce qu’il y avait trop de nuages. C’est l’un des charmes de l’aéroport de Leh !
Le Boeing vire au-dessus de l’Hymalaya ... on a vraiment la sensation d’effleurer ces sommets à plus de 7000m.
Je repense à ces 5 semaines passées au Ladakh ...
Ces deux treks si différents : le premier avec guide, cuisinier et logement sous tente. Beaucoup d’efforts pour gravir cinq cols à plus de 4200m en 7 jours. Je n’oublierai pas le travail si pénible des paysans guidant leurs boeufs de la voix et la beauté de leurs chants incessants qui résonnaient sans fin dans le creux des vallées.

Le deuxième trek en individuel, beaucoup moins physique, nous a permis de cotoyer la vie des ladakhis en logeant dans leur maison. Mais surtout en étant indépendant, nous avons pu modifier le parcours à notre guise.
Je mesure notre chance d’avoir pu assister à deux festivals dans des monastères : celui de Lamayuru, presque intimiste comparé au second, celui de Hemis. Mais les deux nous ont offerts un éclairage intéressant sur les danses traditionnelles pratiquées par les moines bouddhistes.
Les monastères et la manière dont ils s’inscrivent dans le paysage resteront un moment fort du voyage. J’avais vu tant de belles photos avant le départ. Je repenserai longtemps aussi à la beauté des peintures du XIè qui ornent le monastère d’Alchi.
Je n’oublierai pas nos deux expériences de déplacement en autonomie. Le trajet vers la vallée de la Nubra avec le passage épique du Khardung La à plus de 5600m dans notre petite Maruti restera un moment fort. Mais les balades en Royal Enfield, cette moto mythique, m’ont apporté une grande sensation de liberté.
Pour ce qui est des aspects négatifs, je reste assez sceptique face au développement exponentiel à la fois des agences de treks plus ou moins sérieuses et des guesthouses qui ne pourront pas toutes cohabiter dans un espace aussi réduit. Certains emprunts pourraient s’avérer difficiles à rembourser ...
Enfin la ville de Leh étant très clairement tourné vers le tourisme, on ressent vite que la majorité des relations sont mercantiles avec une recherche du profit immédiat car la saison touristique est courte (juin à septembre). On n’en est pas encore au mauvais côté de Katmandou mais on s’en approche à grands pas ...
Pour éviter tous ces tracas, la solution est de partir en trek, vite et longtemps ... car le Ladakh offre une variété incroyable de paysages à celui qui veut bien se donner la peine de marcher.

L’avion amorce sa descente vers Delhi, notre premier stop avant Bali et sa végétation luxuriante ... La transition va être forte !