Escapades

© JPFAB – juillet 2010



De mon hublot (Fabienne)

lundi 19 juillet 2010, par Fabienne

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Qu’ils sont proches ! Qu’ils sont nombreux ! J’ai du mal à me dire qu’ils culminent tous au-delà de 6 000 mètres tous ces pics enneigés que nous survolons ce matin.

A travers deux treks, au prix de quelques suées et d’une certaine endurance nous avons pu nous immerger dans l’Himalaya indien. Mais quelle récompense après chaque journée de marche ! Une oasis de verdure pour nous accueillir dans un campement ou une maison d’hôtes, un ruisseau pour une toilette de chat, un repas pour nous redonner des forces.

Cette façon de voyager – la randonnée en continu – est nouvelle pour nous et nous convient parfaitement ; je comprends maintenant l’éloge de la marche tout comme l’éloge de la lenteur. Ces paysages minéraux et arides qui constituent le Ladakh sont un contrepoids idéal pour ma nature plus énergique, toujours occupée à faire...

Le mode de vie des Ladakhis m’interroge également. L’entraide visible entre les générations anciennes et futures qui perdure, le souci de l’écologie, la prévoyance... Dans une région où l’on prépare durant 4 mois (Juin à septembre) les 8 mois d’hiver rigoureux à venir, tout compte, rien ne se perd, le moindre espace cultivable donnera son lot de foin pour les bêtes en hiver. Les toilettes ladakhies (toilettes sèches) vont permettre de fertiliser les champs l’année suivante.

Durant les cinq semaines passées sur place nous voyons les cultures se développer, les fleurs s’épanouir, les abricots grossir. Ce fruit est décliné sous toutes ses formes possibles : noyaux et fruits séchés comme petit en-cas, huile pour le corps et confiture évidemment. Hum ! un régal à partir d’abricots 100% bio sur la table du petit déjeuner qui se déguste parfaitement sur une petite galette de pain ladakhi ! Indescriptible saveur gourmande !

Toutefois cette région du Nord de l’Inde est très touristique, ouverte toujours un peu plus sur l’autre, l’ailleurs et les valeurs changent. Le dieu Money fait de l’ombre à Bouddha, certains ont en conscience et nous en parlent. Ils se reprochent leur agrandissement, leur endettement et c’est indéniablement quelque chose qui « est dans l’air », que l’on se raconte entre touristes. Telle mésaventure, telle négociation ardue avec une agence de trekking,....

Comment va évoluer cette société tradionnelle ? Je suis sceptique. Il y a bien trop d’hébergements potentiels sur Leh, et de nouvelles agences de voyage un peu plus tous les jours ...

De mon hublot, les pics commencent à disparaître pour laisser la place à la plaine indienne. Déjà je pense au vert des rizières de Bali.


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